Charpentier dans le Médoc : la signature au doigt sur chantier qui a tout changé pour Mathieu

Saint-Estèphe, neuf heures du matin, un vent d'ouest qui sent l'estuaire. Mathieu Larrieu, 41 ans, charpentier-couvreur, grimpe sur la toiture d'une chartreuse du XVIIIe à rénover. Dans la poche de son bleu de travail, une tablette Android étanche. Ce sera elle, dans deux heures, qui scellera l'accord avec le propriétaire — pinceau au doigt sur l'écran, et signature.

Un artisan bordelais à l'ancienne, ou presque

Mathieu a repris l'entreprise familiale en 2019, après quinze ans à courir les chantiers du Bordelais comme compagnon. « Mon père, c'était bloc de devis en triple exemplaire, carbone bleu, signature au stylo Bic. Quand j'ai pris les rênes, j'ai gardé les méthodes deux ans. Puis j'ai craqué. »

Le problème de fond : la zone d'intervention. Mathieu travaille sur tout le Médoc, jusqu'au Verdon-sur-Mer au nord, et descend jusqu'à La Réole côté Garonne. Beaucoup de communes rurales, beaucoup de zones blanches. Quand il devait faire signer un devis dans une propriété viticole au fond du Cantenac, il fallait souvent redescendre jusqu'à Pauillac pour avoir du réseau, puis renvoyer le PDF par mail. « Entre deux et cinq jours pour finaliser un accord verbal. Sur certains chantiers, on perdait des clients pendant ce délai. »

La découverte : une appli qui marche sans réseau

Mathieu a essayé trois solutions BTP avant de tomber sur InvoiceFlow. Les deux premières exigeaient une connexion permanente — exit. La troisième stockait localement mais perdait les données à la moindre mise à jour Android. La quatrième, la bonne, tient une promesse simple : hors-ligne d'abord, synchro quand le réseau revient.

« Sur un toit à Margaux, je peux ouvrir l'appli, taper mon devis, faire signer le client, encaisser un acompte par lien, tout ça sans une barre de réseau. Quand je redescends sur la départementale, ça se synchronise tout seul. Mon comptable reçoit la facture le soir même. »

La signature au doigt : un détail technique, une révolution commerciale

La fonction signature client sur place est devenue son arme commerciale numéro un. Le déroulé type : Mathieu monte sur le toit avec le propriétaire, fait son métré, ouvre InvoiceFlow, sélectionne son modèle de devis charpente (composition par grille qu'il a réglée lui-même : en-tête avec son logo, bloc client, ligne par poste avec quantité en m² ou ml, sous-total HT, TVA 10 % travaux de rénovation logement de plus de 2 ans, total TTC, mentions légales spécifiques BTP).

Il tend la tablette. Le client, souvent un propriétaire de 60+ ans qui n'a jamais signé numériquement de sa vie, pose le doigt sur l'écran. Trois secondes plus tard, le PDF du devis est généré avec la signature intégrée, horodatée, et le bon de commande vaut acceptation au sens de l'article 1366 du Code civil.

« Avant, je laissais le devis papier, on me disait : "Je vous rappelle". Une fois sur deux, le rappel n'arrivait jamais. Là, le client signe à chaud, dans l'émotion de la visite, en voyant les chevrons pourris que je lui montre. La conversion est passée de 38 % à 71 % sur six mois. »

L'acompte qui sécurise le chantier

Mathieu a couplé la signature à un acompte de 30 % exigé à la commande, conformément à ses CGV. Dans InvoiceFlow, dès que le devis est signé, l'appli génère automatiquement une facture d'acompte avec un lien de paiement (carte bancaire ou virement SEPA). Le client scanne un QR code sur la tablette, paye depuis son téléphone par appli bancaire, et Mathieu voit le crédit apparaître dans les tableaux de suivi.

« Sur un chantier de 18 000 € HT à Saint-Julien le mois dernier, j'ai eu l'acompte de 5 400 € sur le compte avant même de redescendre du toit. Mon père n'en revenait pas. »

Les défis du BTP : TVA 10 %, 5,5 % ou 20 % ?

La fiscalité des travaux est un casse-tête pour tout artisan du bâtiment. TVA à 5,5 % pour les travaux d'amélioration énergétique (isolation toiture, fenêtres performantes), 10 % pour la rénovation classique d'un logement de plus de deux ans, 20 % pour le neuf ou les locaux professionnels. Une seule erreur et c'est le redressement.

Dans InvoiceFlow, Mathieu a créé trois profils de taux qu'il sélectionne ligne par ligne. Quand il fait de l'isolation sous toiture avec ouate de cellulose dans une maison de 1970, il passe en 5,5 % pour la main-d'œuvre et la fourniture posée. Quand il refait juste une couverture en tuiles canal sur une dépendance neuve, il bascule en 20 %. L'appli imprime la mention obligatoire « TVA réduite – travaux portant sur des locaux à usage d'habitation achevés depuis plus de deux ans » au pied de chaque facture concernée.

Le multi-profils : SARL famille + auto-entreprise femme

Petite particularité : Mathieu exploite une SARL avec son frère pour la charpente, et sa femme Alice a sa propre auto-entreprise de couverture-zinguerie qu'elle gère en parallèle. Deux SIRET, deux logos, deux logiques de numérotation. Le multi-profils d'entreprise d'InvoiceFlow leur permet de tout gérer depuis la même tablette familiale, sans risque de mélange. Quand Alice intervient sur un chantier de Mathieu en sous-traitance, elle bascule sur son profil, émet sa propre facture, et la SARL la paye proprement.

L'OCR pour les bons de matériaux Point.P

Le quotidien d'un charpentier, c'est aussi une avalanche de bons : Point.P à Mérignac pour les bastaings, Comptoir des Bois à Bègles pour les chênes, Wienerberger pour les tuiles. Mathieu photographie chaque ticket avec l'OCR de reçus. L'appli extrait le fournisseur, la date, le HT, la TVA, le total. Il rattache directement le justificatif au chantier concerné dans InvoiceFlow. Quand il facture le client final, la marge brute du chantier apparaît en temps réel.

Le suivi du temps : facturer la vraie durée

Mathieu utilise aussi le suivi du temps intégré. À chaque arrivée sur chantier, il lance le chrono. Pause déjeuner : stop. Reprise : play. Le soir, les heures sont consolidées par chantier. « J'ai découvert que je sous-estimais systématiquement de 18 % le temps réel passé sur les rénovations complexes. J'ai ajusté mes devis, ma rentabilité a pris 12 points en un trimestre. »

Les conditions de paiement et les intérêts qui ne sont pas qu'une menace

Côté solde de chantier, Mathieu facture à 30 jours net. Les conditions préenregistrées mentionnent les intérêts au taux BCE +10 points et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Sur deux cas de retard l'année dernière (un viticulteur en difficulté, un particulier en divorce), il a effectivement déclenché les pénalités après deux relances. Les deux ont payé sous quinzaine. « La mention claire dès la signature change la perception. On n'est pas le mendiant qui implore, on est le pro qui applique ses conditions. »

Onze jours de gain moyen sur l'encaissement

Bilan chiffré après dix-huit mois d'utilisation : DSO passé de 41 à 30 jours en moyenne. Sur un chiffre d'affaires SARL de 380 000 €, c'est environ 11 500 € de trésorerie permanente débloquée. « J'ai pu reporter le crédit court terme que ma banque me poussait à prendre. Et j'ai investi dans une nacelle d'occasion qui me fait gagner du temps sur les hautes toitures. »

La fin de la paperasse du dimanche soir

Le test ultime, pour Mathieu, c'est le dimanche soir. « Avant, je passais trois heures à recopier les devis de la semaine, à scanner les bons, à relancer par SMS. Maintenant, je prends un verre de Listrac avec ma femme, et je regarde le tableau de bord de la semaine pendant cinq minutes. Le reste s'est fait tout seul, au fur et à mesure, depuis le chantier. »

Sur le toit de la chartreuse à Saint-Estèphe, le vent tombe. Le propriétaire vient de signer pour 27 400 € HT de travaux. Mathieu range la tablette dans sa poche, vérifie une dernière fois la pente d'un chevron. La facture d'acompte est déjà partie. L'appli Mercurius — pardon, InvoiceFlow — a synchronisé en arrière-plan dès le retour du réseau au passage à Pauillac. Tout est en ordre avant même d'allumer la voiture.

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